Le cowboy dans les westerns

un mmoire crit par El Lobo

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Troisime Partie

 

LE COW-BOY AU CINMA

 

I. ANACHRONISME, REALISME ET REALITE

                                       Un anachronisme involontaire ne sera gnant que lorsquil est vident aux yeux de la majorit du public. Une DS 19 dans un film dont l'action se situe durant l'occupation serait certainement un dtail choquant, du moins aux yeux de beaucoup de  spectateurs en mesure de reconnatre le type de vhicule et dtre surpris de le voir voluer dans un rcit dont laction se droule une douzaine dannes avant la cration de ce modle. En revanche, une locomotive ou un compteur gaz tout aussi anachroniques ne gneront pas grand monde, si ce n'est les rares spectateurs spcialistes en la matire. (Bien que l'apparition d'un TGV ferait certainement hausser quelques sourcils!)

 

 

Il en sera bien sr de mme dans les westerns, et seuls quelques puristes seront drangs par des dtails dquipement qui passeront inaperus aux yeux du grand public, pour qui un revolver ou un chapeau en valent bien dautres. Il serait mme sans doute possible daccumuler dans un western toutes les erreurs de dtails imaginables, ne conservant quune image-type de la ralit, tout juste assez pour que le grand public se dise Ha ! nous sommes dans un western " et nous retournons au cheval, au cactus et au chapeau, mme si ce dernier est de Camargue et la selle du cheval anglaise

Mais il ne faudrait cependant pas passer sous silence une certaine raction contraire. Il est remarquer tout d'abord que le public amricain est beaucoup plus averti en ce domaine que les spectateurs europens et se lassa finalement des conventions artificielles des sries "Z". Le western devenant "adulte", les ralisateurs attachrent une importance accrue aux dtails d'ambiance. Certains poussrent mme le souci de reconstitution assez loin, faisant ainsi la joie des puristes. L'on revient peut-tre toujours au chapeau, au cheval et au cactus, mais le chapeau sera un J.B. Stetson de Philadelphie, la selle une cration de C.L. Gallatin de Denver, et du coup le cactus en paratra plus authentique. Le grand public n'y perdra rien et les personnages suivront la mme volution que le cactus : leur ralisme sortira de la convention, retournant aux sources du mythe.

 

Dans une interview de 1957 dans Les Cahiers du Cinma, Anthony Mann dclarait :

 

Ce quil ne faut jamais oublier lorsquon fait un western, cest que les images sont bien plus importantes que le dialogue, et pour donner du poids aux personnages, il faut savoir choisir le cheval, les perons, lquipement convenable.

 

 

Cette ambigut du western, cette hsitation entre le conte de fes, lunivers de convention et un rcit se droulant en un tel lieu et en telle poque, nest souvent en fait quune question de qualit Les mauvais westerns sont ceux qui racontent une histoire qui pourrait se passer nimporte o . Un exemple classique est celui de "Gone With  The Wind"  ( Autant en emporte le vent). Ce film se voulant un grand film historique, illustrant un monument de la littrature amricaine, il a fait l'objet de recherches et de reconstitutions trs pousses : chemises, pantalons, robes, armes, selles, lampes, calches etc. sont parfaitement authentiques. Bon nombre de films se droulant pourtant la mme poque n'ont pas fait l'objet de tant d'efforts et accumulent  les anachronismes avec entrain.

 

Nous pourrions diviser les anachronismes en deux catgories : ceux qui concernent les accessoires et ceux qui concernent les caractres. La deuxime catgorie est de loin la plus difficile cerner. Sil est facile de voir que les colts modles 1873 ne devraient pas apparatrent dans les films dont I'action est antrieure cette date, il est beaucoup plus difficile d'estimer si le caractre de te1 personnage est conforme lesprit du temps et de lendroit. Mais, mme en laissant toute latitude aux variations individuelles de caractre, il est  cependant  des attitudes lon peut se permettre de critiquer dun point de vue historico-sociologique : un  Louis XIV d'Hollywood, en bras de chemise une assemble de ministres, disant - les pieds sur la table et les mains derrire la nuque-Right, kids, whatre we gonna do to-day ? (Eh bien, les gars, quest-ce quon va fabriquer aujourdhui ?) ferait certainement crouler de rire les spectateurs franais.

 Nous ne ferons certes queffleurer le sujet mais une tude approfondie serait certainement des plus intressante et permettrait sans doute de dcouvrir les grandes hantises et les phantasmes latents que les ralisateurs contemporains projettent dans leur pass.


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