Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Troisième Partie

 

LE COW-BOY AU CINÉMA

 

IV. LES GUERRES DE RANCHES

Partie 1

C’est surtout par les conflits auxquels ils furent mêlés que les grands éleveurs nous intéressent, car c’est bien sûr de ces guerres de ranches que le cinéma tira grand nombre de ses sujets. Le problème de l’eau, les conflits entre éleveurs, la guerre des moutons offrent matière à d’innombrables scénarios. L’un des épisodes les plus célèbres, et sans doute le plus illustré au cinéma, est le fameux “Lincoln County War” de 1878 qui rendit à jamais célébre le nom de Billy le Kid.

D’un côté se trouvaient John Chisum et McSween, gros pro­priétaires de bétail, de l’autre L.G. Murphy, financier aux multi­ples activités. Le conflit traditionnel colon/éleveur s’ajoutait aux jalousies personnelles. Chaque camp engagea rapidement des hom­mes de main et autres gunfighters, et la liste des victimes s’allon­gea de jour an jour.

Lewis Wallace, auteur de Ben Hur, se trouva personnellement mêlé à l’affaire, ayant été nommé gouverneur du Nouveau Mexique à cette époque. Sans entrer dans les détails de cette affaire, il convient cependant de signaler certains films illustrant ces affrontements car ils restent un trait caractéristique du Wild West et de l’univers du cowboy. En 78, au Nouveau Mexique, beaucoup de ranches en effet engageaient leurs employés plus pour leur habileté à se servir d'un six coups que pour leur compétence au milieu d’un troupeau.

William Bonney, Bill Conley, William Antrim, Billy Donovan, Henry McCarthy, tels sont les noms prêtés - à tort ou à rai­son - au jeune homme que l’histoire a retenu sous le pseudonyme de Billy the Kid. Personnage romantique s’il en est, révolté et paria, rebelle violent et contestataire, le “Kid” fut le héros de nombreux films décrivant plus ou moins la guerre McSween/Murphy (à l’exception du Banni de H. Hugues mettant en scène un “Kid” de convention, hors de toute réalité historique). Engagé par l’éleveur anglais John Turnstall, le Kid travaillera quelques temps dans le ranch. Mais l’assassinat de Turnstall par les hommes de Murphy et le serment de vengeance du Kid déclenchèrent la guerre entre les deux clans. Le Kid dès lors entrait dans la mythologie des gunmen. Le combat d’ailleurs dépas­sa rapidement le niveau des habituelles guerres de ranches pour devenir un affrontement armé entre deux bandes rivales recrutant des tueurs à gages de part et d’autre. Frank Collinson raconte dans ses souvenirs comment il faillit s’engager dans l’un des deux camps, attiré par les salaires offerts. Beaucoup de cowboys au passé ténébreux et à l’avenir incertain prirent le chemin du banditisme en commençant leur carrière dans les guerres de ranches.

Les films traitant de la guerre du Comté de Lincoln sont  trop nombreux, et de valeur trop inégale, pour être tous cités. Rappelons cependant The Kid from Texas (Le Kid du Texas, 1950), de Kurt Neumann où le Kid est interprété par Audie Murphy, The Left Handed Gun (Le Gaucher, 1957), d’Arthur Penn avec Paul Newman, Chisum (1970) d'Andrew V. McLaglen avec John Wayne (ce film étant l’un de ceux où les vaches et les éleveurs sont au premier plan, le personnage de Chisum étant au centre de l’action, le Kid n’étant qu’anecdotique) et Billy the Kid de S. Peckinpah (1975). Dirty Lit­tle Billy (Billy le Cave, 1973) de Stan Dragoti relève d’un tout autre domaine.

L’histoire de l’Ouest est riche en affaires de ce genre. Les conflits furent très nombreux mais fort peu de films s’attachèrent à une situation historique précise, en dehors des films du Kid. La plupart préfèrent bâtir leur scénario sans relation di­recte avec un fait historique donné, tout an respectant en gros les thèmes généraux rapportés par les historiens. Il en est ainsi par exemple dans The Big Country (Les Grands Espaces) de W. Wellman où nous assistons à l’affrontement de deux éleveurs. Problèmes de pâturages, de droits de l’eau, le film se voulait une approche du my­the des grands espaces et des immenses pâturages de l’Ouest. Le rythme un peu trop lent du film n’eut pas les faveurs du public eu­ropéen par trop éloigné de ces thèmes typiquement américains. Il reste cependant de très belles images et une intéressante étude sur les grands ranches de l’Ouest et la vie des hommes qui les ont créés. Ici encore le propriétaire du grand ranch n’est pas dépeint sous une lumière des plus favorables. 


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