Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Troisième Partie

 

LE COW-BOY AU CINÉMA

 

II. ÉTUDES DE FILMS

Conclusion

   

Ce n’est d’ailleurs pas le seul film où un vacher se trans­forme an policier. Clint Eastwood subit les mêmes avatars dans Hang them high (Pendez-les haut et court, 1968) de Ted Post. La scène d’ouverture du film où Eastwood pousse un petit troupeau devant lui au travers d’une rivière ne manque pas d’allure. Sa pendaison rap­pelle un peu le problème évoqué par The Ox-bow Incident, mais Ted Post n’est pas W. Wellman et la suite du film, essayant de poser un problème cornélien dans un Far West influencé par les “western spaghettis” ne tient pas toujours ses promesses. C’est dommage.

 

 

Steve McQueen aussi porta les chaps et le grand chapeau dans Nevada Smith (H. Hataway, 1966). Son passage au milieu des cowboys est fort plausible: jeune homme cherchant à retrouver les quatre hommes qui ont tué ses parents, Nevada Smith s’engage dans une équipe de cowboys pour gagner quelque argent lui permettant de continuer ses recherches. Les cowboys dans le film ne sont qu'anecdotiques mais c’est dans une cowtown que Smith retrouvera un des as­sassins et qu’il le tuera, au cours d’une bataille au couteau, dans un enclos à vaches entre les pattes des bêtes affolées.

 

 

McQueen nous présente un cowboy fort crédible à un détail près: il a gardé ses mocassins de métis, ce qui permettra à une prostituée indienne de le reconnaître comme l’un des siens. Les cowboys installés an ville reçoivent la visite des filles. L'une d’elles dit à Smith “Les autres n’ont pas voulu de moi parce que je suis indienne”). Baissant les yeux elle remarque les mocassins de Nevada et reconnaît sa tribu à leur facture. Smith se retourne aussi et regarde à son tour les chaussures de la jeune indienne, mais cel­le-ci a depuis longtemps délaissé les mocassins pour les escarpins rouges des “painted women”’.

Ce détail de mocassin sert peut-être à l’intrigue, mais c est un type de chaussures incompatible avec le travail du cowboy et il est illogique que Nevada Smith ne porte pas une solide paire de bot­tes de cowhand, ou à “oreilles de mules” par exemple comme celles de Burt Lancaster dans The Unforgiven.

 

 

Le propos de John Huston dans The Unforgiven (Le vent de la plaine, 1959), n’était pas de faire un film sur les vachers. Mais ses personnages exploitent un petit ranch familial, et à ce sujet le film ne manque pas d’être intéressant. Le petit ranch est bien décrit, et surtout minutieusement reconstitué d’après d’authentiques documents d’époque : typique construction an bois et terre battue adossée, creusée dans une colline. La vache sur le toit en train de brouter l’herbe n’est pas une invention du scénariste mais la simple reproduction de la photo célèbre d’une famille de pionnier posant devant leur maison surmontée d’une vache. Dans La grande aventure du western, Rieupeyrout a d’ailleurs réuni les deux photos sur la même page. Le style de vie du petit ranch est aussi bien ra­conté : les relations entre voisins, l’isolement loin de toute ville, l’excitation de tous à l’arrivée ou au départ des drives, l’impatien­ce du jeune adolescent désireux de participer à un drive et d’enfin voir une ville et tous ses plaisirs. L’ensemble des détails est tout aussi soigné: armement, vêtement (à remarquer les bottes à “oreilles de mules” et les  chemises d'époque à trois boutons de Burt Lancaster.) et de belles scènes équestres.

 Un film soigné donc quant à l’authenticité de l’aspect vacher. Il y eut beaucoup de ces petits ranches perdus dans la prairie, dont l’avenir était lié au succès d’un drive ou à l’abon­dance des pluies. Certains disparurent, mais d’autres s’agrandirent, devinrent de grosses entreprises utilisant un nombre sans cesse crois­sant d’employés. D’immenses fortunes virent le jour au milieu des vaches ce fut le règne des “cattle-barons”.


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