Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Deuxième Partie

 

MYTHOLOGIE

 

II. LE SPECTACLE

Le type du cowboy était déjà solidement établi. Il fai­sait partie intégrante de l’épopée de l’Ouest, de sa légende, de son folk­lore. Il était un pur produit américain, dont les Américains étaient fiers. Les romans populaires en avaient déjà fixé le type romanesque, le “show-business” fut attiré par son coté spectaculaire. Rieu­peyrout écrit dans son "Histoire du Far West" : “Si les témoins plantèrent dans le solide et vigoureux terrain de l’Ouest les racines du mythe du Cow-boy, leurs successeurs veillèrent sur sa croissance"

  

Le rodéo et le cirque, avant le cinéma, furent les principaux facteurs de la croissance du mythe. Le roman ne suffisait plus, il fal­lait du mouvement, de la couleur et de l’action.

 

La naissance exacte du rodéo en tant que spectacle est inconnue, ou du moins contestée. “Rodeo” était le terme mexicain pour “round-up”.  Durant ces rassemblements bi-annuels des troupeaux, les vaqueros, puis les cow-boys s'affrontaient en compétitions amicales dans des épreuves équestres où étaient mises en valeur leurs capacités professionnelles telles qu’ils les exerçaient dans leur travail quotidien. Ces manifesta­tions très spectaculaires attiraient bien sûr du public, et les rodéos devinrent attractions lors de fêtes locales, en dehors des périodes de round-up. En 1888, à Prescott (Arizona), les spectateurs eurent à payer pour assister au spectacle. En 1893 à Agua Fria (Arizona), et à Lander (Wyoming), des prix vinrent récompenser les meilleurs cow-boys. Les rodéos devinrent rapidement une entreprise commerciale et un spectacle extrêmement prisé dans toute l’Amérique.

C'est surtout grâce à P.T. Barnum que le cow-boy fit carrière au cirque. Dès 1870, des numéros de cow-boys étaient inclus dans les spec­tacles de cirque. Et puis il y eut Buffalo Bill et son “Wild  West Show”, ses bisons, ses chevaux, et ses indiens qui par-coururent le monde. Les premières vedettes de ce spectacle étaient alors issues directement de la réalité : les cow-boys étaient tous des professionnels du bétail, et beau­coup de peaux-rouges du spectacle avaient connu les affrontements avec la cavalerie

 

Mais le propos du cirque est d'être spectaculaire, et le simple documentaire ne suffit pas sous les projecteurs : le spectacle est illusion et se doit d'embellir ou de recréer la réalité. Les vachers du Texas se mirent alors à porter les spectaculaires chaps d'angora des hivers du Wyoming, et les gars du Montana remplacèrent leurs chapeaux à bords étroits par d'immaculés "Stetson" à larges bords. Les perlages, les broderies, les franges et les conchas se mirent à fleurir sur le costume déjà folklorique des cavaliers et le cow-boy finit par ressembler à ce qu'il était devenu : un personnage de cirque.


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