Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Première Partie

 

DE L’OUEST ET DES VACHES

 

V. AU RANCH

 

          La vie du cowhand ne se déroulait pas tout entière sur la piste, et le ranch reste quand même la source de production de bétail. On peut diviser les ranches en deux grandes catégories : les gros ranches des “barons du bétail” et les petites ou moyennes exploitations générale­ment familiales.

 

Les cowboys sédentaires et les employés saisonniers (hired-hands) vivaient dans une baraque attenante au bâtiment principal (bunkhouse). Les hommes mariés vivaient bien sûr à part, mais ils étaient assez rares. Le point commun de ces bunkhouses était, parait-il, l’odeur. De fait, plu­sieurs photos d’époque montrent les cowhands dormant à l’extérieur du bunk­house durant la belle saison (puces, punaises et autres parasites devaient aussi y être pour quelque chose). Pour beaucoup, aussi rudimentaire fût-­elle, la baraque était leur seul foyer.

 

Durant l’été, le travail était surtout celui de vétérinaire: guérir les maladies, préserver les plaies des mouches et des vers, aider les vaches à mettre bas, etc. Il fallait journellement parcourir un grand nombre de kilomètres pour surveiller l’ensemble de l’élevage, repérer les malades, compter les groupes mouvants, surveiller les incendies, etc.  Les ranches étaient parfois si vastes que ces opérations de routine nécessitaient plusieurs jours à plusieurs hommes. Il fallait très souvent décorner les longhorns afin d’éviter aux plus belliqueux de blesser les autres. Il fallait faire passer le troupeau de pâturage en pâturage à la recherche de l’herbe.

 L’hiver bien sûr ralentissait les activités et beaucoup de ranches réduisaient leur personnel. C’était le moment de réparer les harnachements et les bâtiments. Mais il fallait toujours s’occuper des vaches: casser la glace des points d’eau, amener les bêtes à moitié gelées dans les canons abrités, et bien sûr chasser les loups, dont la peau rapportait de plus une prime intéressante.

 

 

Les “round-up” (rassemblement) avaient lieu tous les ans, au printemps et à l’automne. C’était le moment le plus excitant et le plus fatigant de l’année. Les hommes passaient de douze à dix-huit heures en selle, ne descendant de cheval que pour changer de monture. Il fallait avaler des tonnes de poussières, dormir à la belle étoile avec parfois la pluie et souvent les moustiques

 

 

 

 

       Avant la clôture des pâturages, les vaches se répandaient où bon leur semblait, se mêlaient et se croisaient avec les élevages voisins. Le but du round-up était de rassembler le bétail, de trier les vaches de chacun, de marquer et castrer les nouveau-nés, et pour le round-up de printemps de choisir les bêtes que l’on allait expédier dans le nord. Le travail com­mençait aux environs de mai et durait tout un long mois. Le round-up d’automne commençait au début septembre et avait pour but le marquage des veaux nés durant l’été ou non marqués au round-up de printemps. Cha­que round-up était organisé par un éleveur choisi par ses voisins. Les ranches de la région mettaient en commun leurs hommes et leurs chevaux, cuisines roulantes ( chuck wagon), etc. il pouvait y avoir ainsi des rassemblements de 400 hommes et plus de 2 000 chevaux. En attendant que tout le monde soit là, les hommes se livraient à d’amicales compétitions entre ranches voisins, rivalisant d’adresse dans le lancer de la corde, de vitesse pour tomber et marquer les bouvillons, de compétence pour “casser” les broncos (chevaux sauvages). C’est là l'origine des “rodeos” modernes (“rodeo” étant le mot espagnol pour “round-up’)

 

 

 

         Groupés en équipes, les hommes formaient à cheval d’immenses cercles, puis chacun se dirigeait vers le centre du cercle de son équi­pe, fouillant collines et canons pour dénicher et pousser devant lui tout le bétail qu’il pouvait trouver. Les cercles se resserraient ainsi petit à petit, rassemblant des milliers de bêtes. Il fallait ensuite effectuer le tri au milieu du troupeau des vaches des différents ranches et les compter, marquer les jeunes veaux, séparer les bœufs choisis pour le grand départ. etc. Et le travail continuait ainsi dans une poussière de plus en plus épaisse, jour après jour, zone par zone. A la fin du round-up, chaque propriétaire récupérait son troupeau et le ramenait sur ses terres.

 

                         Ainsi, le round-up brisait la routine et l’ennui de la vie au ranch et, malgré la dureté du travail, était attendu avec impatience par les cowboys. Mais la grande aventure du cowboy, sa raison d’être presque, c’est le “long drive”.


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