Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Première Partie

 

DE L’OUEST ET DES VACHES

 

II. BUCKAROO

 Américanisation du mot “vaquero”, “buckaroo” est communément utilisé dans le sud-ouest des Etats-Unis pour désigner les vachers. Jusqu'au conflit mexicano-américain de 1836, “ranchos” et “haciendas” s’étaient multipliés dans tout le sud-ouest. Dans les années troublées qui suivirent la création de la république du Texas, de nombreux rancheros mexicains quittèrent le pays, laissant souvent derrière eux des milliers de “longhorns” et de chevaux. Les “Tejanos”, depuis longtemps initiés au travail du bétail, se lancèrent à leur tour dans l’élevage des bovins. Le Texas en ce temps-là était très pauvre et primitif, et tout, ou presque, devait être fabriqué sur place, au ranch. Vêtements, selles, bottes, “lariat”, presque tous les besoins des premiers ranchers étaient satisfaits à par­tir des vaches. Ce faisant, le Texan transforma et simplifia l’équipement du vaquero. Des livres entiers aux USA détaillent cette évolution jusque dans ses moindres détails. Petit à petit se forma un équipement typique­ment américain correspondant parfaitement aux besoins texans.

 

Texane 1850

 

La selle est très rustique, presque rudimentaire. Il n'y a pas de quartiers. Sur l'arçon de bois quelques pièces de cuir adoucissent les frottements. Le sanglage est double, et les anneaux de sangle sont fixés à l'arçon par un brêlage de cuir passant autour du pommeau et derrière le troussequin, arrimant de solide façon la selle à la monture, ce que l'utilisation de la corde rend nécessaire. Les étriers sont taillés dans la masse, les étrivières sous l'assiette du cavalier. Des anneaux sur l'arçon permettent d'attacher différentes pièces d'équipement.

Texican vaquero

 

 

Les conditions de vie des premiers "rancheros" étaient très rustiques. La plupart portaient des vêtements de daim. Selliers et bottiers n'existaient pas encore dans le sud ouest, et l'ensemble des besoins d'équipement devait être fabriqué sur place. Le cuir des vaches fournissait le matériau nécessaire pour les ceintures, les chaussures, les guêtres. L'harnachement du cheval était généralement fait en cuir vert tressé (bridons, longes, entraves, reata, rênes etc.)

 

 Les vaches espagnoles aux cornes démesurées proliféraient au Texas, sans devenir pour cela une richesse. Les besoins en viande étant assez limités, il fallait trouver un marché pour les longhorns dont le nombre augmentait sans cesse. Un commerce s’établit avec le golfe du Mexique en direction des îles. Certains éleveurs cherchèrent à transpor­ter par voie de terre leur bétail en dehors du Texas, mais aucune de ces entreprises extrêmement hasardeuses ne réussit vraiment. La ruée vers l’or de 1848 en Californie fut un débouché pendant quelques années, mais ne suffisait pas à absorber le surplus de bétail. Il était aussi très difficile de diriger les troupeaux vers l’Est. Les longhorns en effet portaient une tique pour eux inoffensive mais provoquant la “Texas fever” et la mort des animaux moins résistants que l’on rencontrait dans l’est et le nord des USA. A la frontière de certains états, des hommes armés obligèrent les éleveurs du Texas à faire demi-tour. En 1860, il y avait près de 4 mil­lions de vaches au Texas. La guerre civile n’apporta aucune solution au problème. Lorsque les éleveurs retournèrent chez eux après quatre ans d'absence, le nombre de longhorns avait dépassé les six millions. La plupart de ces vaches erraient dans la brousse, redevenues complètement sauvages. Jamais le prix du beefsteak ne fut aussi bas.

 

 

 

  

   

La plus rapide solution pour rentabiliser les vaches fut de créer des usines de cuirs et peaux. L’huile de paraffine était encore un luxe, et la demande de chandelle et de suif pour lampe était crois­sante. De plus, suif, cuirs et peaux sont plus faciles à manipuler que de sauvages longhorns hauts sur pattes et courts en patience. Le golfe du Mexique offrait des débouchés maritimes, et tout le monde au Texas se mit à abattre du long­horn avec entrain. Dans le nord-est cependant, les villes industrielles augmentaient sans cesse en nombre et en taille, et avec elles une deman­de de beefsteak sans cesse accrue. En 1852, Tom Candy Ponting et Washington Malone avaient fondé à Chicago une industrie de la viande et de grands abattoirs. Le prix de la viande sur pied atteignait des chiffres à faire rêver chaque éleveur texan.Une poignée d’hommes résolus tentèrent alors l’expérience dé­cisive et, prêts à braver tous les risques, rassemblèrent de grands trou­peaux pour aller vendre leurs vaches là où elles auraient de la valeur.

 


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