Le cowboy dans les westerns

un mémoire écrit par El Lobo

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Conclusion

 

“Une conclusion, non, pas vraiment. Parce qu’on ne conclut pas une étude sur le western” écrit Georges Abert-Astre. Le western est essentiellement mouvance et renouveau, sa richesse offrant tant à découvrir et sous des angles si divers qu’il serait difficile de prétendre à des réponses définitives.

Qu’est devenu notre vacher sous les métamorphoses d’Hollywood ? Quelques approches authentiques — souvent le fait d’œuvres mineures — noyées sous un torrent de mythes souvent créés de toute pièce. Récupéré de part et d’autre pour le besoin d’un récit ou d’une démonstration, il reste cependant singulièrement absent — dans la réalité — des grands mythes du cinéma. Si le cavalier au grand chapeau et colt à la ceinture est reconnu dans le monde entier, en revanche le vacher qui pousse ses vaches sur la Chisholm trail n’a pas eu au cinéma l’importance que l’on pourrait imaginer. Ce n’est que depuis quelques années que les réalisateurs semblèrent s’intéresser à une approche plus authentique du personnage. Il n’y a pas un seul cow-boy dans How the West was Won (La Conquête de l’Ouest) et ce fait est en lui-même révélateur. Il n’y en a pas non plus dans Little Big Man pourtant à lui seul anthologie de l’Ouest. Il n’y en a presque pas chez John Ford et Gary Cooper n’en interpréta pour ainsi dire jamais. Dans la mythologie de l'Ouest vu par le cinéma, il vient bien après l’indien, le gun fighter, l’officier de cavalerie ou le trappeur.

Il y a des cow-boys dans le western, mais finalement assez peu. Le  cow-boy, symbole de l’Ouest, est presque le parent pau­vre du western.

Que la santé du Western ait de toujours été influencée par la politique est contesté par peu. Les westerns crépusculaires des dernières années sont évidemment le reflet des grandes crises qui ont agité les USA: crise économique, guerre du Vietnam, crise des consciences, mouvements hippies, underground, contestation des va­leurs traditionnelles des générations précédentes. Il faut remarquer que le renouveau des années Reagan n'a pas entraîné  une recrudescence du genre comme l'on aurait pu s'y attendre, d'autant plus que le Président reagan était lui-même un ancien acteur de Western. Il semble que le Western soit passé de mode au profit d'autres genres cinématographiques: il a quasiment disparu  des écrans de TV et de ce que l'on pourrait de nos jours qualifier de série B, et Holywood n'en produit plus qu'un tous les deux ou trois ans. Le cavalier des grands espaces s'est estompé à l'horizon, remplacé sur les écrans par les aventuriers des grandes cités ou les héros des guerres intergalactiques.

Pour la nou­velle génération, l’Amérique n’a plus la belle conscience sereine des pionniers et le vieil Ouest n’est peut-être qu’une illusion comme tant d’autres.

 

Tous nos remerciements à El Lobo pour son merveilleux mémoire.